En vrac et en retard (6)

Festival Télérama 2016

Les trucs que j’ai vus depuis 5 ou 6 mois et dont je n’ai pas parlé avant parce que sur le moment je n’avais pas envie, ou j’avais autre chose à faire, ou pas d’inspiration… Mais j’ai quand même envie d’en dire un mot avant d’archiver mes tickets ciné.

Dheepan affiche
Dheepan
De Jacques Audiard. Avec Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Vincent Rottiers, Claudine Vinasithamby…
Sortie le 26 Août 2015

Pour pouvoir fuir le Sri Lanka, un ancien Tigre Tamoul doit s’associer à une jeune femme et une petite fille qu’il ne connait pas, et se faire passer pour une famille. Avec de nouvelles identités, ils arrivent en France dans une cité sensible où ils ont pu obtenir un logement et du travail.

Encore une histoire de changement de vie, de changement d’environnement et d’adaptation pour Jacques Audiard. J’étais curieuse de voir ce film, malgré l’accueil mitigé qu’il a reçu et la surprise provoquée par sa Palme d’Or. Je ne connais rien du Sri Lanka, je me rends compte qu’il s’agit encore d’un pays très loin où il se passe des choses super moches, et par lequel on se sent peu concernés ici jusqu’à ce qu’on ait un immigrant sri lankais en face de soi et qu’on se demande comment il a échoué ici, et qu’est-ce qu’il a fui.

Les personnages parlant très peu et très mal le français, le film est surtout en tamoul, une langue que je ne me souviens pas avoir entendue dans un film jusqu’ici, et c’est avec leur décalage, et leur vécu, que ces trois rescapés observent leur nouveau chez-eux : une cité craspec dirigée par des petits caïds violents.

D’un côté, ces trois personnages principaux devraient presque être considérés comme des observateurs extérieurs, qui ne sont là que par leur distance, leur méconnaissance de notre société, pour en dénoncer les travers (et il y en a).
C’est leur point de vue extérieur sur nous qui compte, autant que leur intégration. Ces deux aspects s’équilibrent, et j’empathise sans difficulté avec leur découragement, leur colère face à leur situation, leur obstination à s’en sortir, leurs difficultés à le faire tous les trois ensemble.

Dheepan 2

J’ai depuis découvert Thomas Bidegain comme chroniqueur, qui me fait rire à m’en plier en quatre quand il disserte sur le «storytelling», et il est difficile à réconcilier avec le scénariste d’une histoire aussi désespérément sombre, dont la fin (ouverte ? je n’ai pas pu le dire avec certitude), ailleurs et sous de meilleurs auspices, semble autant un soulagement qu’elle tombe comme un cheveu sur la soupe.

Antonythasan Jesuthasan, mutique, ne m’a pas emballée, même si je peux admettre que le rôle l’exige. Kalieaswari Srinivasan, en revanche, est si parfaitement expressive que même sans sous-titres j’arrivais à la suivre, et c’est surtout à son personnage que je me suis attachée.

Dheepan 1

Il y a des scènes que j’ai trouvées extraordinaires, des scènes où Vincent Rottiers règne en parrain local, des scènes de guerre où Dheepan réagit presque comme un barbare pour défendre « les siens ». Mais globalement je n’ai pas trouvé que la qualité visuelle du film, la direction d’acteurs (même en tenant compte de la barrière de la langue) ni même la réflexion qu’on pouvait tirer du sujet de départ justifiaient que Dheepan soit spécialement récompensé. Vu ? Certainement. Mis en avant par une Palme d’Or ? Sans doute pas.

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