
Desperate Housewives – Saison 6
Série créée en 2004 par Marc Cherry
Avec Teri Hatcher, Felicity Huffman, Marcia Cross, Eva Longoria…
Ces dernières semaines, j’ai rattrapé mon retard sur Desperate Housewives. Enfin, quand je dis rattrapé, c’est très exagéré. J’avais abandonné ces dames à leur sort en cours de deuxième saison pour cause d’ennui mortel, et je me suis contenté de visionner la dernière saison, soit la sixième, pour me remettre sur les rails. Le dernier épisode a été diffusé dimanche dernier aux Etats-Unis.
Pourquoi m’y remettre après un abandon de trois ans (et plus du double en temps Wistérien) me direz-vous ? Tout bêtement parce que cette saison, John Barrowman était au générique. Pas de Torchwood en 2010 ? Il fallait bien compenser d’une façon ou d’une autre.
Evidemment, on ne peut pas vraiment remplacer Torchwood par Desperate Housewives. En plus, John Barrowman ne joue les guest stars que dans les six derniers épisodes, et dans un rôle franchement secondaire. Ce qui ne l’empêche pas d’être bon, très bon, même, dans un rôle de vrai méchant, calculateur, fanatique, terriblement rancunier et impossible à raisonner. Mais cela en valait-il la peine ?
Et bien, oui. J’ai adoré cette sixième saison. J’ai carrément redécouvert la série.

Alors de deux choses l’une, soit la série s’est bonifiée en vieillissant, soit je n’avais rien compris. Je suis toute prête à admettre que la deuxième proposition est sans doute la bonne. J’ai toujours la possibilité de blâmer la VF, encore…
Mais d’un autre côté, ça devait venir pas mal de moi. Il n’y a qu’à voir comme la façon dont je les perçois toutes à changé. Au début, ma préférée était Susan Mayer. Parce que Teri Hatcher me paraissait être la plus belle des quatre, qu’elle me rappelait de bons souvenirs (fan de Loïs et Clark, out and proud !) et que Susan, gaffeuse et maladroite mais néanmoins romantique, avait cette jolie histoire d’amour, potentiellement dangereuse quand même, avec Mike Delfino (James Denton) qui était et reste, à mes yeux, le plus hot des mâles de Wisteria Lane.
A côté de ça, je détestais Gabrielle Solis, que je trouvais ignoblement superficielle, vaine et égoïste, et qui n’était pas aidée par la médiatisation à outrance du couple Longoria-Parker à l’époque. Bree Van de Kamp n’était pour moi qu’une psychopathe sectaire, et globalement je reprochais à Lynette Scavo son manque de caractère pour avoir tout sacrifié à une famille qu’elle était incapable de gérer.
A présent, je trouve le jeu de Teri Hatcher effroyable (elle est aidée par la VF, pas de doute), et Susan m’énerve prodigieusement. Elle cache une hypocrisie incroyable sous ses airs de gentille bécasse, elle mélodramatise tout, elle s’excuse avec effusion après chacune de ses bêtises, mais s’empresse de recommencer à la première occasion si ça l’arrange.
En revanche, je suis devenue archi-fan de Gabrielle et de sa grande bouche. Elle ne manque pas de cœur, juste de tact. Je ne compte plus les fous rires que je lui dois, et Eva Longoria est géniale. Bree m’a l’air un peu calmée, et j’avoue qu’au fond de moi j’envie son perfectionnisme et son aptitude à toujours dire et faire ce qui est approprié (et à la réflexion, c’est elle la plus belle). Et si je ne trouve pas Felicity Huffman systématiquement géniale dans son interprétation, je me suis énormément attachée au personnage de Lynette, surtout dans la deuxième moitié de la saison. Un bilan plutôt en hausse, donc.

Au début de cette sixième saison, j’ai retrouvé Mike et Susan se mariant pour la deuxième fois. Je rappelle que j’ai allègrement raté la première noce, la naissance de leur fils et leur divorce, ainsi que toutes leurs liaisons annexes. (Pourquoi Mike est-il toujours avec elle, pourquoi ?) Lynette attend ses rejetons numéros 5 et 6 et le vit assez mal, tandis que Tom retourne à l’université, avec leur fils aîné. J’en suis tombée de ma chaise, c’est fou ce que les enfants grandissent vite ! (Une vérification de la concordance des âges de toute la jeune génération serait d’ailleurs nécessaire, à mon avis, mais je ne veux pas pinailler).
Bree est mariée avec Orson, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. Elle ne peut pas en divorcer pour une obscure question de chantage, et le trompe avec Karl Mayer, qui n’a pas évolué d’un iota depuis le début de la série. Gabrielle et Carlos ont deux petites filles, ce qui m’a fait tomber de ma chaise une deuxième fois (Gabrielle avec des enfants, alors que je ne lui confierais pas une plante verte à laquelle je tiens !) ainsi qu’une très jolie nièce adolescente à demeure. Edie a quitté le tableau définitivement, Mme McCluskey est par contre plus présente que jamais, et divers personnages sont arrivés durant mon absence, dont le couple gay Lee et Bob, et Katherine Mayfair, qui s’est fait piquer Mike par Susan et qui ne va pas laisser passer l’affront. Voilà pour le tableau général.
Le premier épisode apporte son lot d’énigmes qui fileront une partie ou l’intégralité de la saison, sous la forme d’un mystérieux meurtrier qui s’en prend aux jeunes femmes de Fairview, à commencer par Julie Mayer. Et bien sûr, l’arrivée de nouveaux voisins, les Bolen, une famille en cavale venue s’installer en banlieue pour se cacher, ah ! les naïfs. Drea De Matteo, anciennement la sœur de Joey Tribbiani dans Joey, joue ici Angie Bolen et arrive presque à concurrencer Eva Longoria en matière de franc-parler et de vocabulaire de charretier dans quelques belles scènes. Beau Mirchoff, remarquable, joue son fils Danny, charmant, charmeur, amer et instable.

La diffusion française n’est pas encore terminée à ce jour, alors je vais essayer de ne pas trop en dévoiler. Selon un schéma instauré depuis plusieurs années, les 23 épisodes de la saison se divisent en deux parties, séparées par un événement de grande ampleur qui intervient aux épisodes 10 et 11, qui résout rocambolesquement la plupart des problèmes rencontrés par les héroïnes, parfois radicalement, parfois indirectement, et relance l’action en amenant de nouveaux personnages et de nouvelles intrigues.
Dans la première partie, Gabi doit prendre une part plus active que prévu dans l’éducation de sa fille ainée, Juanita. Causes et conséquences désopilantes. J’adore Juanita. Tant qu’à jouer les sergents-instructeurs, elle en profite pour fliquer Ana, la nièce de Carlos, en particulier sur le chapitre de sa vie sociale et sentimentale. Pas triste non plus.
Katherine gère sa rupture avec Mike de façon pour le moins discutable. Elle m’a fait passer par tous les stades, pitié, irritation, peur. Dana Delaney est fantastique.
Susan vit mal l’agression de sa fille et cherche le coupable un peu n’importe où.
Lynette, dont l’époux est adorable mais parfois à peine plus âgé mentalement que ses fils, se retrouve un peu seule face à la conjonction grossesse/travail, avec d’autant plus de difficulté qu’elle travaille avec Carlos.
L’épisode 11, post-bouleversement, fait partie de mes préférés. Intitulé If…, il donne l’occasion aux personnages de faire le point sur ce que leur vie aurait pu être ou pourrait devenir. J’ai particulièrement aimé Gabi dans cet épisode, et Lynette plus encore, qui m’a émue aux larmes.
La situation initiale de Bree m’était plutôt indifférente. J’ai pris plus d’intérêt à ses mésaventures dans la seconde partie de la saison. J’y ai retrouvé la vraie Bree, celle qui essaie de faire les choses comme il faut, pas seulement de conserver les apparences.
Rien de vraiment majeur chez les Solis, si ce n’est un rapprochement avec Lee et Bob.
Pour les Delfino, en revanche, il y a la rencontre de Susan avec Robin, ex-stripteaseuse au physique démoniaque et à l’âme angélique en quête de reconversion, qui fait un passage éclair dans le quartier, mais une forte impression (épisode 15, Lovely, mon deuxième préféré). Robin est jouée par la magnifique Julie Benz, parfaite, en permanence sur la corde sans qu’on puisse dire si elle est juste sympa ou franchement aguicheuse. J’étais tellement occupée la trouver belle et à me dire qu’elle était aussi adorable qu’un chiot à peine sevré que je n’avais même pas reconnue l’ex-Darla de Buffy/Angel et la bonne amie de Dexter, c’est dire.

Les Scavo voient revenir leur fils Preston, jusque là en voyage en Europe. Ce retour a des conséquences inattendues, un nouveau défi pour Lynette, qui parallèlement se prend d’affection pour un ami de ses enfants dont la situation familiale est problématique. Eddie est lui-même un personnage bouleversant, dont l’histoire m’a brisé le cœur (épisode 20, Epiphany, pire crise de larmes de la saison, et rebelote dans l’épisode final.) La prestation de Josh Zuckerman mérite d’être soulignée. Il est génialement pathétique et si émouvant. Je ne crois pas l’avoir vu dans autre chose, mais sincèrement je ne demande pas mieux. Eddie n’était pas un personnage évident, il m’a bluffée.

Les quelques derniers épisodes apportent naturellement la résolution finale des mystères de la saison, mais surtout en apportent de nouveaux pour la prochaine, et je suis bien tentée de continuer sur ma lancée, voire de rattraper vraiment mon retard en reprenant les choses depuis le début. Je suis particulièrement curieuse de voir les saisons où Lee et Bob étaient plus présents. Ils sont géniaux et je suis restée sur ma faim en ce qui les concerne.

Allez, juste pour le fun, parce que la coupe post-hippie vaguement blonde, ça vaut le détour.
Desperate Housewives c\’est ma drogue pour la séance de repassage. Sans cette dose, je suis incapable de me motiver pour m\’affairer à la tâche ! Je me sens comme une Desperate Housewife comme ça …
Il y a eu un bond dans le temps de 5 ans (si je me souviens bien) il y a quelques saisons, ce qui explique pourquoi les petits sont devenus si grands … les mariages, remariages, enfants nouveaux etc …Je file, j\’ai mon repassages à faire !
Carine : C\’est marant de voir qu\’après toutes ces années, ce sont toujours à peu près les mêmes couples qu\’au début. Du coup je n\’ai pas cherché à approfondir sur le sujet.Et mon repassage, je le fait devant un peu n\’importe quoi. En ce moment c\’est Hercule Poirot. J\’aime bien le repassage.
j\’ai toujours suivi la série, même si certaines saisons m\’ont moins plu; J\’aime beaucoup celle-ci, je trouve qu\’elle a plus de peps que les précédentes. par contre, j\’ai de plus en plus de mal avec la morale WASP que l\’on nous ressert à toutes les sauces. Je trouve que DH est devenue beaucoup plus "politiquement correcte", et c\’est bien dommage. Ca n\’en reste pas moins une série fort agréable à suivre. Je te rejoines sur Suzan. Je crois que c\’est probablement le personnage de série que je déteste le plus.
Choupynette : Je ne sais pas si c\’est moralisateur et politiquement correct, je vois seulement des personnages qui essaient de bien faire, la plupart du temps. Quand c\’est juste pour les apparences, ça se retourne contre eux, donc la morale est sauve.